Le photographe

Pierre Parcé est un photographe né en 1952 aux alentours de Paris, d’une mère du Nord et d’un père roussillonnais. Il débute sa carrière professionnelle à Paris, tout en entamant un périple en Europe. Ses voyages marqueront son approche de la photographie. Aujourd’hui il trouve l’inspiration sur la terre de ses ancêtres, à Banyuls sur mer, où il est installé depuis 1977.

Pierre Parcé dans son atelier de Banyuls sur mer.
Pierre Parcé dans son atelier, photographié par Zoi Tilinski.

Découverte de la photographie argentique & travail en laboratoire

Dimanche d’août à Banyuls vers 1964. Première photo de Pierre Parcé.

C’est à l’âge de 13 ans que Pierre Parcé fait sa première photo. Sa boite Kodak, offerte par la famille, sera rapidement remplacée par un 6 x 9 Super Ikonta, un Lubitel, puis l’Alpa de son grand-père.

La manif à vélo, Paris 1972. Photographie Pierre Parcé.

Dès les études secondaires, Pierre Parcé fait suivre son 24 x 36 en cours et commence à photographier les rues de Paris. Il s’intéressera plus tard aux mouvements sociaux (ci-contre, la manifestation à vélo de 1972). C’est à la même période que celui-ci crée son premier laboratoire dans la cave de la maison familiale.

Après un baccalauréat littéraire, le jeune homme se dirige vers des études d’arts graphiques à l’Académie Charpentier. Par la suite, il enchaîne sur les cours du soir de Robert Mauge, dispensés à l’école Louis Lumière, appelée alors « Vaugirard ». Le photographe considère que les cours théoriques sur les aspects techniques de l’argentique et de l’optique de Robert Mauge, sont des enseignements de référence.

Encouragé par son grand père passionné de peinture et de photographie, Pierre Parcé se perfectionne dans la prise de vues et le travail en laboratoire. Partant du constat que la majorité des photographes ne maîtrisent pas ce travail, il comprend le caractère déterminant de cette étape ingrate, exécutée dans la pénombre de la chambre noire où l’image est soit aboutie soit inachevée.


Influences artistiques et européennes

Humanisme et photographie

Pécs, Hongrie 1975. Photographie Pierre Parcé

Le long métrage d’Andreï Tarkovski, Andreï Roublev, vu pendant son adolescence, marquera profondément le jeune homme. Le traitement graphique de l’image et le rythme de la narration, construit en une succession de fresques, restent pour lui à ce jour inégalés. Au-delà de l’aspect graphique, c’est également la représentation du travail au travers de ce film, qui influencera l’artiste. Il aura plusieurs fois l’occasion de valoriser le travail des ouvriers en usine, d’artisans ou de paysans œuvrant ensembles dans un objectif commun. L’œuvre du photographe Eugène Smith aura également une grande influence sur son travail.

Dans les années 70, Pierre Parcé fréquente la famille du sculpteur grec Memos Makris et leurs amis, se partageant alors entre Paris et Budapest. A l’occasion de ses voyages en Hongrie, il rencontre Zoi Tilinski, qui par la suite travaillera dans le monde du cinéma.

Puszta vers 1974. Photographie Pierre Parcé

C’est pour lui le début des voyages en Europe et du photo reportage, accompagné de son M2 et de son Summicron. Angleterre, Écosse, Chypre, Italie…, ce sont les paysages de Hongrie qui auront sa préférence. Effectués de 1972 à 1975, les voyages en Hongrie retiennent l’attention du photographe. Entre les origines méditerranéennes de ses amis, qui lui rappellent ses racines catalanes, et l’atmosphère de la Puszta (grande plaine de type steppe), Pierre Parcé reste marqué par ce pays.

C’est par ailleurs de ce pays que sont issus les célèbres photographes Brassaï, Kertész et Lucien Hervé, qui auront apporté à la France un langage photographique très graphique.

Photographier la sculpture

Le sculpteur Memos Makris. Photo Pierre Parcé.

C’est auprès de Memos Makris que Pierre Parcé apprend l’art de photographier la sculpture. Cela aboutira à une première publication en Hongrie en 1974 de photographies des œuvres du sculpteur, puis à un ouvrage de rétrospective, édité cette fois-ci en Grèce en 1978.

La sculpture restera pour lui un sujet de prédilection, en photographiant notamment les œuvres de José Bonhomme dans les années 2000, pour divers catalogues et expositions.


Une carrière professionnelle à Paris

Pozzuoli, Italie. 1971. Photo Pierre Parcé.

Les premières publications de photographies en France ont lieu à Paris en 1972, dans le magazine Reporter Objectif, comprenant des portfolios, portraits et reportages sur Chypre.

Pendant la restauration de la cathédrale de Narbonne. 1996. Photographie de Pierre Parcé.

Pierre Parcé fournira également les photographies du catalogue de l’exposition de Costa Coulentianos à la galerie La Demeure à Paris. C’est le commencement pour lui d’un parcours tourné vers la publicité et l’illustration qui, jusqu’aux années 2000, seront tournées vers des univers variés tels que la culture, la musique, l’architecture, en plus des expositions personnelles.

Le travail de commande, en se mettant au service d’une personne extérieure, est considéré pour le photographe comme l’occasion de s’imposer des contraintes, poussant ainsi à l’inventivité. Les tirages sont parfois accompagnées d’un travail typographique et calligraphique. Celui-ci fait l’objet d’une attention et d’une exigence extrême de la part du photographe, à la hauteur des images elles-mêmes.


La lumière du Sud, un retour aux sources

Banyuls sur mer. Photo réalisée par Pierre Parcé.

Peu après qu’un de ses frères soit retourné travailler les vignes de la famille à Banyuls sur mer, Pierre Parcé fait le choix d’installer son atelier quelque temps à Perpignan, avant de s’implanter lui aussi dans ce terroir qui a inspiré tant d’artistes. Il se marie avec Dominique Danoy en 1977. De cette union naîtront Louise, Thérèse et Catherine.

Matisse, Picasso, Chagall, Derain… nombreux sont les peintres à avoir été transportés par les paysages et la lumière du Roussillon. On comprend alors aisément ce choix d’une vie en retrait de la capitale, dans le village entre vignes et mer, qui a vu naître Maillol. Aujourd’hui, Pierre Parcé concentre son activité sur la photographie et la vente de tirages originaux dans sa galerie, tout en répondant à des commandes dans le monde du vin.


Ecologie et photographie

En optant pour l’utilisation d’un appareil à visée télémétrique tel que le Leica, chargé de film en noir et blanc de 400 ASA, l’artiste fait le choix d’une démarche photographique de dépouillement. Face à la perfection qu’offrent les appareils numériques haut de gamme, il préfère s’orienter vers un outil obligeant à sortir de nos zones de confort.

Portrait photo à la chambre de Thérèse Parcé, fille de Pierre Parcé, et son aînée Augustine. Prise de vue par Pierre Parcé.

Se voyant offrir régulièrement des boites de papier photographique périmé, Pierre Parcé réalise des prises de vue en chargeant directement ce papier dans ses chambres photographiques de format 13 x 18 cm et 20 x 25 cm Gilles Faller. Les images négatives ainsi produites sont ensuite numérisées et travaillées pour une impression sur encre pigmentaire.

Il s’agit également ici pour l’artiste photographe d’une démarche écologique. Ces papiers, ne pouvant servir à réaliser de beaux tirages à l’agrandisseur, peuvent être ainsi utilisés de manière différente. En associant ces vieux matériaux avec des techniques d’impression à la pointe de la technologie moderne, Pierre Parcé se rapproche du mouvement de la lomographie.

Evitant (sauf pour des travaux techniques), d’utiliser de gros capteurs numériques, Pierre Parcé photographie couramment avec un petit compact digital haut de gamme. Celui-ci lui permet de retrouver l’effacement et la spontanéité du Leica, lui procurant l’avantage de passer inaperçu dans la rue.


Quelques partenariats…

Drac de Montpellier (Conservation Régionale de Monuments Historique) : commandes photographiques d’architecture

– CAUE des Pyrénées Orientales : Connaissance des Arts – expositions d’architecture

– Groupes Quintego, Quatuor Douce France, Editeur Al Sur, Editeur Long distance : photographies pour jaquettes de CD et promotion web.

– Maisons d’édition Trabucaire et Flandonnière : photographies d’illustrations de musiciens gitans.

Maison d’édition Könemann : photographies culinaires

– Monde du vin (du Roussillon à la Champagne) : photographies, illustrations et calligraphies pour étiquettes de cuvée, dépliants commerciaux et sites internet.

Pierre Parcé sélectionnant un logo calligraphié, destiné à habiller l'étiquette d'une cuvée.
Pierre Parcé sélectionnant un logo calligraphié, destiné à habiller l’étiquette d’une cuvée.